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La ouananiche

Introduction

Contrairement au saumon atlantique qui migre en mer, la ouananiche est un saumon d’eau douce qui demeure en lac. Son nom signifie « celui qui se trouve partout » ou bien « le petit égaré » en montagnais.

Recherchée par les pêcheurs sportifs pour ses sauts spectaculaires, la ouananiche est présente dans toute l’aire de distribution canadienne du saumon marin.

- Taxonomie -

Famille
Salmonidae
Genre
Salmo
Espèce
Salmo salar ouananiche McCarthy, 1894
Nom vernaculaire
Ouananiche

- Physiologie -

Son corps est allongé et les flancs légèrement comprimés comme le saumon atlantique. Elle est cependant plus petite que ce dernier (en moyenne de 0,9 kg à 1,8 kg).

La ouananiche a le dos brun, vert ou bleu avec plusieurs points noirs. Ses flancs sont argentés et sa nageoire dorsale possède aussi de gros points noirs. En période de fraie, sa coloration est bronzée et les mâles ont des points rouges sur le corps. Après la fraie, sa couleur est foncée (saumon noir)

- Cycle de vie -

Le cycle de vie de la ouananiche peut être décomposé en 3 phases : 

  • La reproduction

    • Le retour en rivière

    • Le choix de la frayère

      La ouananiche quitte les fosses de la rivière pour se diriger vers les frayères plus en amont. Elle y recherche une eau peu profonde, un courant plus rapide et un fond parsemé de gravier.

    • La formation des couples

      Les mâles se distinguent des femelles par leur mâchoire inférieure qui est garnie d'un imposant crochet pointé vers le haut. Tandis que les femelles repèrent les lieux propices à la ponte, seuls les mâles les plus agressifs réussiront à défendre continuellement leur territoire autour de chacune d'elles. Les autres mâles tenteront inlassablement de s'approcher des femelles. Ils s'exposeront alors à de vives poursuites de la part des mâles dominants.

    • Préparation du nid

      À l'endroit qu'elle a choisi, la femelle creuse plusieurs nids de 10 à 20 cm de profondeur. D'un mouvement vif, contorsionné et rapide de sa queue, elle soulève le gravier qui est ainsi lavé par le courant. Dans la frayère, vous pouvez reconnaître ces regroupements de nids à la couleur jaune pâle du gravier

    • La fraie

      Au moment de frayer, les mâles et les femelles se placent un à côté de l’autre. Le mâle tremble de tout son corps, se tend et ouvre très grand sa gueule. La femelle, stimulée, en fait autant. Les tremblements s'estompent, la femelle pond ses œufs et le mâle les féconde en laissant échapper sa laitance.

    • La protection des œufs

      La femelle pond de 1500 à 1800 œufs (de 5 à 7 mm de diamètre) par kilogramme de poids qu’elle recouvre de gravier pour empêcher d’autres espèces de les dévorer.

    • Le retour de la ouananiche en lac

      La fraie terminée, la ouananiche retourne en lac ou hiberne dans les fosses de la rivière et redescend au printemps seulement.

  • La croissance en rivière

    • Développement des œufs

      Les œufs pondus à l'automne se développent tout l'hiver enfouis dans le gravier, oxygénés par l'eau qui s'y écoule en permanence. Cependant, en plus des prédateurs, plusieurs dangers guettent les œufs : les champignons, l'étouffement sous des sédiments fins colmatant le gravier, la destruction par le gel ou le décapage du fond par les glaces.

    • L’éclosion

      L'éclosion a lieu en mai, libérant de petits alevins. Les alevins s'enfouissent alors un peu plus profondément dans le gravier, ce qui leur évite d'être emportés par un éventuel décapage lors de la débâcle printanière. Ils y demeurent de 5 à 6 semaines, se nourrissant du contenu de leur sac vitellin. En juin, les alevins émergent du gravier et commencent à s'alimenter de petites larves d'insectes. Ils fréquentent les zones peu profondes de la rivière où le courant est faible. Plusieurs sont alors victimes de prédation.

    • La première année de croissance

      À la fin du premier été, les alevins mesurent environ 5 cm et prennent alors le nom de tacons. Exigeant plus de nourriture, ils se tiennent dans des secteurs d'eau vive où les larves d'insectes dérivent au fil du courant. Les tacons sont bien adaptés à ce milieu. Leurs nageoires sont très développées, ce qui leur permet de se maintenir au fond en attente d'une proie. Ils se font de plus en plus territoriaux à mesure que la saison avance. Ceux qui n'auront pas été victimes de prédation passeront l'hiver enfouis sous des gros cailloux.

    • Les années de croissance suivantes

      Les tacons habitent la rivière de 2 à 7 ans. Après avoir atteint une taille de 12 à 18 cm, ils s'apprêtent à partir en lac. À cette étape, ils sont appelés saumoneaux ou smolts. Durant cette période, ils mémorisent l'odeur de leur rivière et leur livrée devient argentée, presque identique à celle des adultes.

  • La croissance en lac

    • La dévalaison

      Après une crue printanière, les saumoneaux dévalent la rivière et entreprennent leur migration vers le lac Saint-Jean.

       

    • Le retour à la rivière natale

      Après 1 à 3 ans en lac, l'instinct de la ouananiche la pousse à retourner vers sa rivière d'origine, où elle ira se reproduire.