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La truite de mer

Introduction

Selon Le grand dictionnaire terminologique du Québec, l'espèce Salvelinus fontinalis possède une forme d'eau douce (omble de fontaine) et une forme marine (truite de mer) dont la robe est différente. 

 

Au Québec, lorsque la truite mouchetée a le caractère voyageur anadrome, elle devient « truite de mer ». Cette truite est l’espèce la plus recherchée dans plusieurs régions. Il ne s'agit que d'une adaptation au milieu, l'expression d'un polymorphisme génétique et non de deux espèces différentes.

- Taxonomie -

Famille
Salmonidae
Genre
Salvelinus
Espèce
Salvelinus fontinalis Linnaeus, 1758
Nom vernaculaire
Truite de mer, truite mouchetée ou omble de fontaine

- Physiologie -

Le corps de la truite de mer est allongé (de 20 à 30 cm), fusiforme et comprimé latéralement.

La couleur de sa peau varie en fonction de son âge et du milieu dans lequel elle vit :

  • En mer, le dos est vert olive à presque noir, avec des marbrures. Les flancs sont plus pâles avec de petites taches rouges entourées d’un halo bleu.
  • En rivière, les truites de mer perdent leurs reflets bleus argentés pour prendre une teinte foncée.
  • En période de fraie, leur couleur devient plus vive et l’abdomen du mâle devient orange.

 

- L'alimentation -

L'omble de fontaine est carnivore. Son régime alimentaire est extrêmement varié selon les proies disponibles : crustacés, insectes, araignées, petits poissons, vers, etc. Le cannibalisme des oeufs et des jeunes est aussi possible.

- Cycle de vie -

Le cycle de vie de la truite de mer peut être décomposé en 3 phases qui vous sont présentées ci-dessous :

  • La reproduction

    • Vidéo

    • Le retour en rivière

      Les truites de mer adultes migrent, parfois sur une très longue distance, pour atteindre la rivière. La fraie a lieu à l'automne dans des rivières, des ruisseaux et des lacs riches en eau froide, peu profonds et avec un substrat de gravier.

    • Le choix de la frayère

      Elles recherchent des frayères en eau froide, peu profonde et à fond de gravier, parfois même en lac.

    • La formation des couples

      Le mâle change de couleur (son abdomen est orange vif) et devient plus agressif afin de défendre son territoire tandis que la femelle repère des lieux propices à la ponte.

    • Préparation du nid

      La femelle choisit un endroit pour creuser un ou plusieurs nids et soulève le gravier avec sa queue.

    • La fraie

      Au moment de frayer, les mâles et les femelles se placent un à côté de l’autre. Le mâle tremble de tout son corps, se tend et ouvre très grand sa gueule. La femelle, stimulée, en fait autant. Les tremblements s'estompent, la femelle pond ses œufs et le mâle les féconde en laissant échapper sa laitance.
       
    • La protection des œufs

      La femelle recouvre ses œufs de gravier afin de les protéger des prédateurs. Tout dépendamment de sa taille, la truite de mer peut pondre entre 100 et 5000 œufs de 3,5 à 5 mm.

    • Le retour en eau marine

      La fraie terminée, les truites peuvent redescendre à la mer. Certaines auront l'occasion de venir frayer une ou deux fois.

  • La croissance en eau douce

    • Développement des œufs

      Les œufs pondus à l'automne se développent tout l'hiver enfouis dans le gravier, oxygénés par l'eau qui s'y écoule en permanence. Cependant, en plus des prédateurs, plusieurs dangers guettent les œufs : les champignons, l'étouffement sous des sédiments fins colmatant le gravier, la destruction par le gel ou le décapage du fond par les glaces.

    • L’éclosion

      Au début mai, les œufs éclosent, libérant de petits alevins. Ils s'enfouissent alors un peu plus profondément dans le gravier, ce qui leur évite d'être emportés par un éventuel décapage lors de la débâcle printanière. Trois semaines plus tard, les alevins émergent du gravier et commencent à s'alimenter de petites larves d'insectes.

    • La première année de croissance

      Pendant la première année, les jeunes truites acquièrent la capacité de nager dans le courant. C’est probablement à ce moment qu’il y a une séparation entre les futures truites de mer anadromes et les résidentes. Les anadromes semblent préférer les courants plus rapides et les résidentes, les seuils retrouvés dans les fosses. Avant la migration, les différences morphologiques n’apparaissent pas encore. C’est plutôt après le premier été que les changements surviennent : les truites qui s’apprêtent à migrer sont plus élancées que les résidentes et leurs nageoires pelviennes ainsi que pectorales sont plus courtes, leur permettant ainsi de mieux nager lorsqu’elles parcourent la mer en banc.

  • La croissance en mer

    • La dévalaison

      À la mi-mai, les jeunes truites âgées de 1 an se préparent à entreprendre leur migration en eau salée. Les plus petites devront attendre d’être âgées de 2 ans si celles-ci veulent survivre aux prédateurs et à l’osmorégulation (passage en eau salée).

    • La migration

      Après la dévalaison, toutes les jeunes truites se retrouvent en mer. Pendant la première année en eau salée, 90 % des jeunes migrantes mourront. Par contre, ce voyage sera très bénéfique pour celles qui survivront puisqu’ils pourront se nourrir des abondantes ressources de nourriture. Cela leur permettra de se développer rapidement : d’une longueur de 11 cm à la dévalaison, les jeunes truites atteindront 20 cm à la fin de l’été.

    • Le retour à la rivière natale

      À l’automne, avec le froid et la salinité de l’eau plus en surface, les jeunes truites retournent vers leur rivière d’origine où elles iront se reproduire. Les courants marins, des mécanismes obscurs (astres, champs magnétiques) et enfin, l'odeur de leur rivière originelle les guident.

    • Plusieurs reproductions possibles

      De nombreuses truites de mer meurent après la fraie (taux de survie des géniteurs est d’environ 30 %). Par contre, les survivants pourront se reproduire plusieurs années consécutives et ainsi assurer la pérennité de l’espèce.