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Pêcher

La Cascapédia

L’une des dix meilleures rivières à saumon au monde reconnue pour la grosseur de ses saumons!

Colossale, traversant des paysages qui ont inspiré de nombreux peintres, la  rivière Cascapédia coule sur 139 kilomètres à un débit de 50 mètres cubes à la seconde, ses eaux claires devenant brunâtres lorsqu’elles sont hautes. Depuis plus d’un siècle et demi, elle jouit d’une réputation mondiale par la grosseur de ses saumons, pesant en moyenne 9 kilos (19 livres), le record étant de 24 kilos (53 livres), une capture faite en 1886.

La Société Cascapédia inc. a été formé en 1982 et partage les eaux avec plusieurs camps privés. C'est un exemple de co-gestion entre la communauté autochtone micmaque de Gesgapegiag et celle de Cascapédia-St-Jules.

En bref

Longeur
139 km dont 118 ouverts à la pêche et 18 sont privés
Secteurs et fosses
107 réparties dans 7 secteurs de pêche, tous à accès contingenté
Type de pêche possible
pêche au saumon à gué ou en canot selon les secteurs
Période de pêche
1er juin au 30 septembre
Limite quotidienne
2 petits saumons de moins de 63 centimètres

Exploitant

Société Cascapédia

Coordonnées

Adresse
275 Route 299, Cascapédia-Saint-Jules (Québec) G0C 1T0
Téléphone
(418) 392-5079
Sans frais
1-877-234-7450
Télécopieur
(418) 392-5070
Courriel
administration.tv@cascapedia.ca
Accéder au site web de la rivière

Statistiques annuelles

Phases lunaires

Voir toutes les phases

Condition(s) de la rivière

Pêcher le saumon de la rivière Cascapédia

La rivière Cascapédia, appelée aussi Grande Cascapédia pour la différencier de la Petite rivière Cascapédia, se forme au cœur des monts Chics-Chocs et parcourt le centre de la Gaspésie avant de se jeter dans la baie des Chaleurs. Colossale, traversant des paysages qui ont inspiré de nombreux peintres, elle coule sur 139 kilomètres à un débit de 50 mètres cubes à la seconde, ses eaux claires devenant brunâtres lorsqu’elles sont hautes. Depuis plus d’un siècle et demi, elle jouit d’une réputation mondiale par la grosseur de ses saumons, pesant en moyenne 9 kilos (19 livres), le record étant de 24 kilos (53 livres), une capture faite en 1886.

Il y a 10 000 ans, les saumons de la rivière Cascapédia attiraient déjà la communauté Micmac. Puis, dès le milieu du XIXe siècle, arrivèrent du Canada, d’Angleterre et des États-Unis des aventuriers et des personnalités cherchant à vivre des pêches tenant du prodige. Ainsi, Robert Graham Dun de la firme Dun & Bradstreet, Chester Arthur le 21e président des États-Unis, des gouverneurs du Canada comme Lord Stanley, de la célèbre coupe du même nom, ont pêché sur la Cascapédia. Cette riche histoire d’un cours d’eau légendaire est présenté au Musée de la rivière Cascapédia.

Depuis 1981, la Société Cascapédia est l’organisation qui assure la gestion de l’accès à la pêche sur la rivière, et ce, pour toute la saison. La communauté micmaque, quant à elle, a également accès à la rivière et offre aux visiteurs des forfaits de pêche sportive sur les 18 premiers kilomètres de la rivière.

Le cours d’eau compte 107 fosses réparties dans 7 secteurs de pêche, tous contingentés, où l’on peut trouver du saumon atlantique et de l’omble de fontaine. Pour toutes ses qualités, et surtout parce qu’on peut y pêcher les plus gros saumons en Amérique du Nord, la rivière Cascapédia est l’une des 10 meilleures rivières à saumon au monde pour la grosseur de ses saumons.

 

Son histoire

La rivière Cascapédia est d’origine glacière. Il y a de cela dix mille ans, elle coulait à travers la chaîne de montagnes des Chic-Chocs vers un bassin gelé devenu aujourd’hui la baie des Chaleurs.

Des membres de la Première Nation micmaque sont venus s’établir sur les rives de la Cascapédia en quête de nourriture, principalement pour y pratiquer la chasse et la pêche. Les autochtones ont rapidement compris que la rivière regorgeait de saumons et que la vallée d’alluvion était propice à la culture. Pendant des siècles, ils ont eu la rivière pour eux seuls, pêchant assez de saumons et de truites pour nourrir la bande qui vivait à l’embouchure.
 
Dans les années 1850, plusieurs aventuriers venus d’Angleterre, du Canada et des États-Unis commencèrent à explorer la péninsule gaspésienne et les rivières de la Baie des Chaleurs. La plupart d’entre eux étaient des « sportifs » espérant y pratiquer une pêche exceptionnelle au saumon et à la truite. Plusieurs hommes comme Charles Lanman et William Venning vinrent sur la Cascapédia et y observèrent les extraordinaires montaisons de saumons. Ils écrivirent au sujet de la taille de ces poissons, plus grande que celles rencontrées sur la plupart des rivières. Ces saumons, n’ayant jamais vu de mouches artificielles, n’avaient pas été dérangés par la pêche au filet en mer. Les captures que l’on y fit devinrent bientôt matière à légende.

Vers la fin des années 1860, le chemin de fer se développait vers le nord et on pouvait désormais voyager avec un certain confort jusqu’au village de Matapédia. De là, on accédait aux autres rivières par bateau ou par carriole. Le Canadien John Shedder vint pêcher sur la Grande Cascapédia vers la fin des années 1860. Il habitait sur la ferme Woodman, juste en amont du village de Grande-Cascapédia.

Vers 1870, avec les années de prospérité vécues en Amérique du Nord, certains hommes cherchèrent des façons de combiner les frais étés des forêts du Québec avec la pêche au saumon, une activité nouvelle pour la majorité d’entre eux. En 1872, le pêcheur américain accompli James B. Blossom fit le voyage jusqu’ici et, lui aussi, constata la qualité exceptionnelle de la pêche sur la rivière Cascapédia. Il contacta des gens à New York, plus particulièrement Robert Graham Dun (de Dun & Bradstreet) et ses amis, Chester Arthur (qui devint par la suite président des États-Unis) ainsi que d’autres Américains. En quelques années, ces riches hommes d’affaires achetèrent les droits riverains des lots bordant la rivière. Ce faisant, ils s’assuraient l’exclusivité de la pêche pour ce secteur et gardaient le contrôle de la rivière entre les mains de l’élite. En 1879, quand Lord Lorne devint gouverneur général du Canada, sa femme, la princesse Louise (fille de la reine Victoria), voulut un endroit pour prendre des vacances loin des chaleurs des étés d’Ottawa. Ils firent bâtir un camp surplombant la Cascapédia, appelé plus tard Lorne Cottage, où ils passèrent des semaines à pêcher, à peindre et à s’amuser avec la famille et les amis. Les deux gouverneurs généraux suivants, Lord Lansdowne et Lord Stanley (celui-là même qui donna son nom à la fameuse coupe dans le monde du hockey), prirent le relais et, eux aussi, laissèrent des camps après leur départ. La présence de tous ces notables sur la rivière Cascapédia a certainement contribué à établir sa notoriété. En 1893, le gouvernement décida de ne plus accorder gratuitement les quarante milles de rivière des terres de la Couronne au gouverneur général de l’époque, Lord Aberdeen. En effet, avec l’arrivée dans la Baie des Chaleurs du nouveau train reliant Matapédia à la plupart des villages du sud de la péninsule gaspésienne, une poignée d’Américains bien nantis s’étaient montrés impatients de miser sur les droits de pêche, même quelques semaines seulement avant la saison.

Avec un bail de dix ans sur la rivière, un groupe initial de cinq hommes emménagea au vieux camp de Lord Lansdowne, New Derreen. Ils se donnèrent le nom de Cascapedia Club. Des hommes bien nantis comme Edward W. Davis, Robert Graham Dun, William K. Vanderbilt, Frank Griswold et Henry C. Frick firent des abords de la rivière Grande Cascapédia leur lieu de prédilection pour l’été. Avec le temps, le Club de pêche fit état de la capture de plusieurs gros saumons, quelques-uns de plus de cinquante livres, dont on fit mention dans les salons du monde entier. Le Club subsista pendant presque quarante années, mais avec la crise financière de 1929, les quelques membres restants remirent en question leur voyage vers la côte gaspésienne pour les vacances d’été. La décision fut alors prise de rendre le bail au gouvernement.

Pour sa part, Amy Guest, fille du magnat de l’acier Henry Phipps Jr., avait une autre idée en tête. Elle avait passé plusieurs étés au Camp Chaleur construit par son frère sur un plateau d’où l’on avait une vue imprenable sur plusieurs fosses de la rivière. Elle avait les moyens de payer annuellement les 7 500 $ demandés par le gouvernement pour le bail et, en contrepartie, elle avait obtenu le droit de prendre possession de la résidence du vieux Club, New Derreen. Elle avait maintenant presque quarante milles de rivière à sa disposition, mais pour rejoindre les fosses en amont, elle n’avait accès qu’à une route de terre étroite souvent impraticable ou à un trajet ardu de deux jours en canot. Elle décida donc de sous-louer des portions de rivière à d’autres particuliers. En 1933, en quelques mois, la rivière fut divisée en trois sections : la section New Derreen de Mme Guest, la section Middle Camp et la portion Tracadie Camp composée des vingt derniers milles de la rivière. Un nouveau Club venait de naître. Les nouveaux membres prirent possession des trois camps construits par Lord Lorne et laissés à l’abandon par le vieux Club, et ils les rénovèrent. Un quatrième camp, Three Islands, fut construit deux ans plus tard par William Beach qui partagea avec les propriétaires de Tracadie Camp les nombreuses fosses convoitées en amont.
 
Ces propriétaires sont venus, ont laissé leurs marques et sont repartis. Plusieurs camps, et plus spécifiquement Middle Camp et Camp Chaleur, ont été rasés par les flammes. Toutefois, la sérénité de la vallée n’a vraiment été perturbée que par le serpentin de bitume de la route 299 construite en 1957, un des rares points de traverse du nord au sud sur la péninsule gaspésienne. Quoique la pêche sportive ait été affectée par la pêche commerciale le long des côtes, la clé de la survie du saumon aura été le nombre limité de pêcheurs sportifs ainsi que la limitation des prises que ces derniers se sont imposée.

À la fin des années 1970, un nouveau gouvernement prônant la notion d’accessibilité des rivières au grand public accéda au pouvoir. Fort heureusement, un organisme local de conservation, le Bay of Chaleur Association, était alors en place et était connu du gouvernement de la province. Des négociations s’amorcèrent entre ces deux parties et une entente survint en 1981 : la Société Cascapédia inc. fut désignée comme étant l’organisme reconnu de gestion de la rivière Cascapédia. Aujourd’hui, la Société Cascapédia est l’organisation qui assure la gestion de l’accès à la pêche sur la rivière, et ce, pour toute la saison. La communauté micmaque, quant à elle, a également accès à la rivière et offre aux visiteurs des forfaits de pêche sportive.

De nos jours, la rivière Cascapédia est une combinaison viable d’accès public et privé à la pêche. Les montaisons de saumons sont, la plupart du temps, mieux qu’il y a cinquante ans. De grosses prises sont capturées chaque année et, fort heureusement, la grande majorité des saumons, peu importe leur taille, est retournée à la rivière afin que ces derniers puissent participer à la fraie l’automne.
La rivière est encore considérée aujourd’hui comme l’un des joyaux des grandes destinations de pêche du Québec. Le rêve de tout pêcheur de saumon n’est-il pas de lancer une mouche, ne serait-ce qu’une journée, dans les eaux fraîches de la Grande Cascapédia?
Hoagy Carmichael
 
Auteur de : The Grand Cascapedia River, A History
Disponible au Musée de la rivière Cascapédia

 

Note

  • Les statistiques annuelles sont fournies par le Gouvernement du Québec.